La blockchain pour révolutionner le cadastre africain ?

Pas une semaine ne passe sans un article ou un événement dédié à la blockchain, censé transformer radicalement le mode de fonctionnement de nos économies. Pour beaucoup d’analystes, la technologie des « chaînes de blocs » peut contribuer au développement du continent africain, notamment en fluidifiant son circuit financier. La blockchain, qui fonctionne comme une sorte de registre décentralisé et infalsifiable, jouera un rôle central pour apporter la confiance sur un continent, où l’accès aux financements est extrêmement compliqué notamment à cause de ce manque de confiance.

Mais au-delà du secteur financier, la blockchain va bousculer de nombreux secteurs, dont l’agriculture. Dans le secteur agricole, la blockchain trouve en effet de nombreuses applications. Par exemple, l’usage de la blockchain permettra d’améliorer la transparence des chaînes logistiques, notamment en termes de gestion en temps réel des approvisionnements ou encore permettre la mise en place d’un cadastre blockchainé.

« L’absence de formalisation des droits fonciers freine l’investissement dans le secteur agricole. Les échanges, ventes ou locations, plus ou moins informelles, sont hasardeux »

Dans une récente tribune publiée dans Le Monde, les juristes Stéphane Brabant et Gisèle Dutheuil expliquent en quoi l’utilisation d’un cadastrage numérique peut permettre de sécuriser les transactions foncières. Pour les deux auteurs, un des freins majeurs à une révolution verte en Afrique s’explique par les blocages liés au foncier rural. Ils estiment que « l’absence de formalisation des droits fonciers freine l’investissement dans le secteur agricole. Les échanges, ventes ou locations, plus ou moins informelles, sont hasardeux ». La blockchain permet d’aller plus loin que la simple sauvegarde des données que peuvent fournir des outils comme un GPS, cette technologie permet d’apporter une véritable crédibilité au niveau des transactions foncières. Ainsi, « l’objectif est de sécuriser des attestations de propriété coutumières et des contrats de location passés sur les terres rurales » et donc de « favoriser l’investissement et la confiance des banques ». 

Alors que le potentiel agricole du continent africain n’est plus à démontrer, il s’agit maintenant de l’exploiter pour le plus grand bénéfice de tous. Le développement de l’agritech permet ainsi d’envisager un large ensemble d’innovations sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole. Une opportunité pour maximiser la création de richesses et d’emplois en Afrique, notamment dans les zones rurales.

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